Mon travail de caméraman m’a conduit à plusieurs reprises à venir au Congo-Brazzaville. Je restais frappé par le calme de la population dans ce petit pays de 4 millions d’habitants, encore traumatisés par les trois guerres des années 90.

home-bg-blackPourtant, derrière cette apparence paisible, j’ai pris peu à peu conscience de l’importance de la sorcellerie dans la réalité quotidienne des congolais. C’est un univers étrange qu’ils décrivent : dans un monde invisible, des sorciers règlent à coup de mauvais sorts les litiges du monde visible, pouvant provoquer chez leurs victimes des maladies et des envoûtements redoutables.

L’hôpital moderne ne sachant pas traiter ce type de syndrome mystique, les congolais ont pris l’habitude de se rendre chez le féticheur. A la fois médecins, psychologues et spécialistes de l’invisible, les guérisseurs traditionnels occupent une place incontournable dans la société.

Lors de mes repérages, j’avais pu rencontrer un grand nombre de ces guérisseurs, plus ou moins autoproclamés, avant que mes recherches me conduisent finalement vers les ngunzas. Dans cette petite confrérie de féticheurs réputés pour leurs super pouvoirs, j’ai tout de suite senti la dimension romanesque qui existait chez eux, spécialement autour de leur chef charismatique, l’apôtre Médard. L’église qu’il dirige est le lieu de grandes scènes théâtrales : on y croise des malades possédés par un démon, des femmes en transes renversant de la bière au sol comme offrandes aux ancêtres ou des hommes politiques voulant monter en grade.

home-bg-blackCe film propose une plongée dans l’univers magico-religieux de Brazzaville, à travers la réalité quotidienne de Médard et de ses adeptes, au cœur de nombreuses problématiques sociales. C’est une place privilégiée pour percevoir la complexité d’une société encore à deux vitesses, entre croyances irrationnelles et monde moderne.

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